Partager l'article ! Parution 23 - La solitude: Avantage ou défaut? Quand on se retouve seul avec soi-mêm ...
Avantage ou défaut?
Quand on se retouve seul avec soi-même, on se rend compte d'une chose qu'on oublie souvent, on n'est qu'un seul à être soi, tout seul...
Meubler sa vie avec une "vie sociale" nous fourvoie souvent, on croit être et devenir quelqu'un mais ce quelqu'un n'est pas nous, c'est ce qu'on nomme persona en psychanalyse Jungienne, on a une apparence qui convient plus ou moins bien aux occasions, plus ou moins flexible. Certains usent d'une persona rigide pour masquer un grand vide, une grande incompréhension de sa propre identité, l'id-entité, le soi Nietzschéen.
Vivre seulement avec son identité est un acte d'intégrité destructeur, l'autre en son sens large mettant en des cases bien étiquetées ce qu'il croit savoir de vous, il vous dévoiera par son action de miroir. En vous qualifiant selon ce qu'il a lui-même compris, vous finirez par le croire, donc retour à la case persona. Ceux qui dépassent ces affects deviennent nuisibles aux autres car renvoient aux critiques leur propre vide, ce qui passe très souvent mal, on n'aime pas être remis en cause dans sa manière d'agir en soi.
Cultiver une persona devient alors presque une obligation, adapter sa propre persona aux autres en est le pendant logique mais la proximité avec la manipulation est quand même manifeste, quand on modifie son attitude pour mieux plaire ou déplaire à certains, on le fait dans un but, obtenir de la personne quelque chose de plus ou moins précis, on ne le manipule pas directement mais par contact, c'est ici une question de morale sur laquelle je passerai étant donné que c'est une question de sanité mentale. Ne pas se servir d'outils alors qu'on cherche à se construire (ou se déconstruire) me paraît être presque criminel, comme faire mourir de faim ses enfants devant un verger qui vous appartient, on se limite.
La morale chrétienne demande l'humilité, le pardon, l'amour de son prochain en toute condition et cætera, mais quid du crime contre le saint esprit ? (Mt 12:31-32) Ne pas embrasser un avantage qui vous est offert et paraissant satanique par son action sur les autres est ne pas utiliser ce qu'on a comme postulat de départ, du gâchis en somme, et ça, ce n'est pas pardonnable, pas même devant l'extrême onction chez les catholiques.
Revenons-en à la solitude, que permet-elle? Se mettre en face de ses personas, de ses incompétences, de sa propre fragilité psychologique et... d'y remédier. Mais seul, nous n'avons comme potentiel que notre propre être, ce qui peut être suffisant à certains et parfois avec raison (Lao Zi s'est reclu pour cultiver son potager à la fin de sa vie), mais dans ue optique de croissance et donc de friction, le contact extérieur et donc l'existence des personas est nécessaire.
Pourquoi parler 'des' personas aussi soudainement? On ne peut pas se montrer sous la même forme devant une femme à séduire que devant un collègue de travail ni devant ses aïeux, question de correspondance et d'efficience.
Il ne nous reste alors plus qu'à trouver le déséquilibre entre contact social et solitude afin de le danser, la seule stabilité possible qui tienne dans le temps.
Alors dansons!